Budget provincial 2019 : Un budget revisité au regard de la politique nationale de lutte à l’itinérance

Réseau solidarité itinérance du Québec

Communiqué de presse                        22 mars 2019

    Budget provincial 2019

Un budget revisité au regard de la politique nationale de lutte à l’itinérance

MONTRÉAL – Alors que la politique nationale de lutte à l’itinérance fête ses 5 ans cette année, le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec aimerait revenir sur le budget présenté par le Ministre Québécois des finances, Éric Girard, au regard de 4 axes d’intervention prioritaires établis par la politique.

L’accès à un logement est essentiel, que ce soit pour éviter la rue ou pour en sortir. Le gouvernement est parvenu à débloquer 10 000 unités de logement dans le cadre du programme Accès Logis afin de venir pallier à ce qui avait été annoncé antérieurement. Bien que cette annonce constitue un gain, cela ne permettra pas le développement d’unités supplémentaires, pourtant essentielles. Si un effort est fourni dans la délivrance de nouvelles unités de Supplément au loyer (PSL) du marché locatif privé, 150 unités sur 5 ans semblent un bien maigre gain. D’autre part, investir dans le privé, ne permet pas d’établir des solutions pérennes ni d’offrir aux personnes le soutien nécessaire à la recréation du tissu social. Le RSIQ rappelle dans ce contexte que le logement social avec soutien communautaire est un outil indispensable pour assurer une approche d’accompagnement des personnes qui tiennent compte des besoins de celles-ci et doit en conséquence être financé adéquatement.

Si l’itinérance est bien souvent un problème de logement, elle n’est pas qu’un problème de logement. Retour sur le revenu, autre axe prioritaire définie par la politique. Bien que l’itinérance soit un phénomène complexe aux causes multiples, il faut pour s’y attaquer commencer par l’amélioration du revenu des personnes pour leur permettre de se loger, de se nourrir et de se déplacer. En ce sens, la politique nationale de lutte à l’itinérance promeut d’augmenter le revenu, notamment en poursuivant le rehaussement progressif des personnes vivants seules. Actuellement, le gouvernement considère qu’un peu plus de 800 000 Québécois ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté (18 012$/année pour une personne seule). Or, rien n’est dit dans le budget concernant les mesures sur l’aide sociale. C’est un fait inquiétant quand on connaît les grandes difficultés des personnes sur l’aide sociale qui sont largement en dessous du seuil de pauvreté. Autre fait significatif d’une absence flagrante : rien n’est dit non plus sur l’augmentation du salaire minimum.

Par contre, les 35 millions de dollars réservés à travers la bonification du PSOC aux organismes en santé et services sociaux vont permettre d’agir aussi bien en prévention qu’en réduction en rendant possible de bonifier les services et l’accompagnement nécessaires. Elle vient rejoindre un des axes prioritaires sur le développement des services de santé et des services sociaux. Elle est perçue comme une bonne nouvelle dans le milieu avec un total de 70 millions qui sera alloué aux organismes communautaires bien que beaucoup reste à faire.  Précisons cependant que le compte est encore loin des 475 millions de dollars réclamé pour couvrir adéquatement les besoins du milieu communautaire.

Enfin, dans une optique de prévention, l’argent enfin investi dans le milieu de l’éducation, et plus précisément l’augmentation de plus de 1,1 million de dollars de l’enveloppe budgétaire du Programme d’action communautaire sur le terrain de l’éducation (PACTE) apparaît comme une bonne nouvelle. Que ce soit aussi bien au niveau du décrochage scolaire que de l’alphabétisation, il faut agir en prévention pour donner une chance égale à tou.te.s.

Dans cette année anniversaire de la politique nationale de lutte à l’itinérance et devant le constat d’une urgence toujours présente, nous invitons le gouvernement Legault à utiliser les surplus budgétaires afin d’aider les organismes de lutte à l’itinérance pour financer la création de nouveaux services ou la bonification de ceux existants pour agir aussi bien en prévention qu’en réduction de l’itinérance. « L’existence d’un réseau d’aide et de solidarité est essentielle pour assurer le tissu social. On y rencontre une pluralité de pratiques qui répond à la diversité de trajectoires des personnes. Ce réseau communautaire doit être reconnu et financé adéquatement si l’on veut être capable de faire une réelle différence auprès des personnes itinérantes ou à risque de la devenir », conclut Laury Bacro.

 

Le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec a été créé en 1998 et consiste en un regroupement de quatorze concertations régionales de lutte à l’itinérance et une dizaine de membres associés, totalisant plus de 300 organismes à travers le Québec.

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Contact presse : Laury Bacro, coordonnatrice, 514 861-0202 / coordination@rsiq.org