Montréal le 11 décembre 2008. Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) sonne l’alarme suite à la publication des données de la Société canadienne d’hypothèque et de logements (SCHL). La pénurie de logements locatifs dans la plupart des régions du Québec comme dans les grands centres urbains est une donnée troublante, soutient France Emond, porte-parole de l’organisme. Le RCLALQ craint fort de voir les propriétaires profiter de la pénurie pour hausser les loyers de façon abusive et il interpelle le gouvernement pour un vrai contrôle des loyers.
Force est de constater que la pénurie de logements locatifs continue de sévir avec ces taux d’inoccupation : Gaspé (1,1%), Trois-Rivières (1,7%) et au Saguenay (1,6%). Dans d’autres villes, la situation est encore plus dramatique : Val d’Or (0,2%), Québec (0,6%.). À Gatineau et à Montréal où le taux d’inoccupation frisait le seuil d’équilibre de 3% l’an dernier, il est également en baisse cette année. Ce sont les grands logements qui manquent cruellement. À Montréal, le taux d’inoccupation descend à 1.2% pour les logements de trois chambres à coucher et plus. Les familles doivent s’entasser dans des logements trop petits où débourser une part de plus en plus grande de leurs revenus pour se loger. À Montréal, une famille doit s’attendre à débourser environ 140$ de plus par mois pour obtenir une 3ième chambre à coucher et à Québec 117$ de plus.
En dépit des pronostics de crise économique, les locataires n’ont pas bénéficié de répit puisque les loyers ont continué d’augmenter. Au Québec, le prix moyen d’un loyer (2ch.) est passé de 495$ en 2000 à 628$ en 2008, une hausse de 133$/mois. En 2008, le prix moyen d’un logement de deux chambres à coucher est de 677$ à Gatineau, 659$ à Montréal, de 653$ à Québec, de 518 $ au Saguenay. Selon le RCLALQ, toute hausse, dans un contexte de pénurie et de faible croissance économique, a des effets dramatiques. Nombre de ménages locataires se retrouvent devant des choix douloureux. «Pour ne pas perdre son logement, il faut couper dans les autres biens de nécessité; ce n’est sûrement pas comme ça que le gouvernement va réussir à ‘relancer’ l’économie» ironise Mathieu Houle-Courcelles du Bureau d’animation et information logement du Québec métropolitain (BAIL).
À l’approche du renouvellement des baux, le RCLALQ interpelle le gouvernement. «Pour réussir à contrer les hausses de loyers, il faut une intervention gouvernementale et une volonté politique. Un contrôle obligatoire des loyers, voilà ce que nous attendons du nouveau gouvernement Charest» a précisé France Emond, porte-parole du RCLALQ. Le RCLALQ estime que, sans un réel contrôle des loyers, les évictions pour incapacité de payer atteindront des proportions inquiétantes. Selon les rapports annuels de gestion de la Régie du logement, le nombre de causes en non paiement de loyers a déjà augmenté de 10 000 causes dans les huit dernières années. Pour les 218 000 ménages qui consacrent déjà plus de 50% de leurs revenus au logement, il n'y a plus de marge de manœuvre. De nouvelles hausses de loyers auront pour effet de les jeter à la rue.
Information : France Emond, RCLALQ 514-521-7114, ou 514-781-2220, Mathieu Houle-Courcelles, BAIL, 418-523-8365