« Nous voulons apporter des changements directs dans la vie des habitants. C'est là-dessus que nous voulons miser. Il faut arrêter de parler des aspects négatifs du quartier, comme les gangs de rue et la prostitution. Il y a aussi des aspects positifs dans Saint-Michel. On veut mettre à l'avant-plan un projet pour le quartier », explique Soraya Martinez, agente de programmation à TOHU.
Le quartier Saint-Michel détient le triste record du plus faible taux de scolarité des 27 arrondissements de la Ville de Montréal. Le revenu moyen des ménages y est également parmi les plus faibles. TOHU veut participer, dans la mesure de ses capacités, au développement économique, social, touristique et culturel de cette communauté.
« Le projet de revitalisation du quartier doit avoir un sens pour les gens. Nous voulons que l'arrivée de TOHU contribue à développer un sentiment d'appartenance. Nous planifions l'organisation d'événements avec la communauté, des rituels auxquels les gens s'identifieront », explique Charles-Mathieu Brunelle, vice-président et directeur général de TOHU.
L'organisme créera une quinzaine d'emplois, qui seront offert prioritairement à la population du quartier. Des postes seront entre autres proposés au niveau de l'accueil, du service à la clientèle et des visites guidées, des emplois pour lesquels les gens seront spécialement formés.
Pour M. Brunelle, il est important de donner une place aux citoyens dans le cadre du projet. « Il est prioritaire pour nous de créer des emplois. Certains services seront assurés par des programmes d'économie sociale. Toute la technique sera réalisée par Production Jeun'Est et l'entretien par Coopératout. » Production Jeun'Est est un organisme voué à la pormotion et au développement de la citoyenneté des jeunes de 18 à 30 ans de Montréal qui vivent des difficultés sociales, en leur premettant d'apprendre les métiers techniques reliés à la scène alors que Coopératout est une entreprise d'économie sociale qui offre des services d'entretien.
TOHU a en outre tissé des liens avec de nombreux organismes communautaires afin d'assurer l'intégration de la population multiculturelle de Saint-Michel à son développement.
Une bonne nouvelle pour le quartier
Selon Daniel Duranleau, coordonnateur de Vivre Saint-Michel en Santé, l'arrivée de la Cité des Arts et du Cirque apporte plusieurs avantages au quartier. « L'implantation de TOHU provoque une joie massive. C'est une bonne nouvelle pour un secteur qui a beaucoup souffert. Un événement comme celui-là ne se produit pas souvent, il ne faut pas manquer le bateau. Il faut maximiser les retombées positives et atténuer les effets négatifs potentiels le plus possible. » M. Duranleau pense entre autres aux problèmes de circulation qui pourraient survenir si l'on ne voit pas à la restructuration du transport en commun aux environs du site.
L'implantation de TOHU sur l'ancien site de la carrière Miron, qui a pollué l'environnement des citoyens pendant près de vingt ans, est bien reçue par le milieu. « Ce terrain a connu des années difficiles. C'est un plus pour le quotidien des gens qui en ont souffert longtemps. Les gens sont heureux du changement », explique Daniel Duranleau.
Pour Marco Saint-Pierre, coordonnateur de l' Éco-Quartier Saint-Michel, l'implantation de TOHU constitue « une valeur ajoutée pour le quartier, qui est souvent associé à la carrière Miron. La Cité des Arts du Cirque aide à projeter une nouvelle image ».
Jarry : Axe du biologique et de l'équitable
Selon M. Brunelle, la situation géographique du site, en plein cur de Montréal, attirera les résidants du nord de la ville. Il espère rejoindre une nouvelle clientèle grâce à la visibilité intéressante du site depuis l'autoroute métropolitaine, très fréquentée.
Un comité de travail vise la revitalisation de la rue Jarry entre Iberville et Pie-IX et veut assurer un développement harmonieux et respectueux de la dynamique du quartier et de ses citoyens. OSER Jarry veut favoriser l'implantation de restaurants, cafés, bars, bistrots et autres commerces de proximité aux alentours, assurant le bien-être des résidants, des travailleurs et des visiteurs. On souhaite aussi y implanter des boutiques de produits biologiques ainsi que des commerces équitables.
Même si biologique et équitable riment souvent avec prix élevés, Charles-Mathieu Brunelle ne s'inquiète pas de la fréquentation de cette artère améliorée. « Il faut apprendre que, si les habitudes alimentaires suivent les saisons, ce n'est pas si cher de bien manger. De plus, ce sera une première à Montréal, cela attirera certainement beaucoup de gens. » Selon Soraya Martinez, il y a une éducation à faire dans le quartier pour apprendre aux gens à bien se nourrir à moindre frais.
Le développement de l'axe Jarry devrait amener un achalandage intéressant. « On estime que près de 100 000 personnes par année devraient visiter le site. On espère ainsi que l'achalandage de la rue permettra de la créer des emplois. C'est une bonne partie de l'impact qu'on aimerait avoir », explique Charles-Mathieu Brunelle.
Sur la photo : Aperçu du carrefour dédié aux Arts du cirque, comprenant l'École nationnale de cirque, TOHU et le Cirque du Soleil, situé sur la rue Jarry.
Anne-Marie Gravel - 19 avril 2004




