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Emploi et immigration

Auteur : Arrondissement.com

(Archives)

mardi 31 octobre 2006image alt tag content

«Si on dit qu'un immigrant perd 7 années de sa vie à apprendre une nouvelle langue, à parler correctement, à écrire correctement, à faire des petits boulots pour survivre avant d'avoir un emploi intéressant, moi j'exige que l'immigration enlève automatique 7 ans d'âge sur nos papiers en arrivant ! »

«De 32 ans je passe à 25 ans et je peux me comparer aux jeunes canadiens de mon nouvel âge ! » raconte Carla en riant pour expliquer qu'elle ne se sent pas à la hauteur d'une canadienne de 32 ans et qu'elle a l'impression que sa vie s'est figée pendant quelques années. Cette cristallisation temporaire n'est rien de moins que la longue période d'adaptation que l'immigrant doit traverser.

L'arrivée dans un nouveau pays provoque le chevauchement de sentiments partagés sur notre nouvelle terre d'accueil. Après la lune de miel, on plonge de force dans la réalité, on s'aperçoit que nos repères sont brouillés et nous voilà en face de notre premier choc culturel. La culture du travail au Québec est pour beaucoup le plus grand choc. Ce choc survient lorsqu'on constate que nos compétences ne sont pas reconnues à leurs justes valeurs, que l'on obtient difficilement des entrevues et que la période sans emploi est beaucoup plus longue. Cette période s'accompagne de désillusions relativement à notre nouvelle situation. Le constat est difficile : notre terre promise, a moins à offrir que ce qu'elle promet. Certains devront faire le deuil du rêve américain pour répondre à de nouveaux besoins et sacrifier leur carrière pour le bien de la famille.

Entre l'adaptation et la conciliation, entre l'acclimatation et le besoin de préserver ses racines, entre l'urgence de trouver un boulot pour subsister et le désir d'un emploi valorisant, l'immigrant tente de faire sa place en abandonnant, à regret, le rêve qu'il chérissait d'un emploi équivalent. La plupart des immigrants arrivent avec des formations scolaires spécialisées et s'imaginent qu'ils auront plus de facilité à trouver un emploi payant et correspondant à un certain statut social dans leur pays, mais le Québec cherche une main-d'oeuvre pour certains métiers plus spécifiques et non pas des ingénieurs déjà disponibles au Québec. Tout ça sans compter que les équivalences des diplômes étrangers sont souvent revues à la baisse.

Vous avez probablement entendu l'histoire d'un immigrant ingénieur ou architecte qui gagne sa vie au Québec en travaillant comme livreur, chauffeur de taxi ou concierge. Cette histoire se répète désormais trop souvent et est symptomatique d'un manque de flexibilité dans le domaine de la reconnaissance des diplômes étrangers et d'un accès restreint aux ordres professionnels. L'immigrant qualifié est souvent plus vénérable sur le marché du travail puisque le Québec cherche plus souvent des ouvriers et de la main-d'œuvre spécialisée. Le mécanicien aura plus de chance de trouver un emploi dans son domaine que le médecin. Surprenant ? Non, pas lorsqu'on est informé de la situation du marché du travail québécois et que l'on sait qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée au Québec. Par contre, ceux qui ont le plus de difficulté à trouver un emploi dans le domaine d'étude de leurs pays d'origine sont les diplômés des domaines de la santé, des sciences sociales et des sciences humaines.

Que faut-il donc faire ? Il est très important d'aller chercher le plus rapidement possible nos équivalences d'études pour savoir réalistement quels sont les postes auxquels on a accès sur le marché du travail québécois. Cela nous évite de faire de nombreuses entrevues qui résulteront en refus, faute d'équivalence québécoise. Il faut aussi savoir s'entourer de ressources qui nous faciliteront la vie et qui nous encadreront dans notre démarche de recherche d'emploi. Il existe plusieurs organismes qui se spécialisent dans l'aide aux nouveaux arrivants et aux immigrants avec des difficultés à trouver un emploi. Pour ceux qui seraient tentés de tomber dans le piège de la facilité en se repliant sur soi-même en disant que c'est inutile de faire des démarches qui seront infructueuses, sachez qu'un immigrant sur deux obtient un premier emploi dans les trois premiers mois de son arrivée. Il est donc encourageant de poursuivre des démarches d'emploi et de se tourner vers un organisme qui peut nous encadrer dans nos démarches d'emploi. Avant tout, il faut surtout être patient et ne pas abandonner, car les statistiques montrent que la persévérance est payante. Selon le Centre d'études ethniques des universités montréalaises, 68 % des immigrants trouveront un emploi dans leur domaine ou dans un domaine qui se rapproche de leurs compétences après environs 5 ans de au Québec. Plusieurs retourneront aux études pour une acquérir de nouvelles compétences et ainsi avoir des diplômes qui leur permettent d'accéder à de meilleurs postes.

L'immigration est un long processus et il faut prévoir que la recherche de l'emploi rêvé est plus longue que ce que les agents d'immigrations veulent bien nous dire. Ce rêve est pourtant atteignable si on sait être patient et si on sait bien s'entourer.

Voici quelques ressources :


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